Les missionnaires viennent dans le Nord (1858)Vers la fin des années 1830, les missionnaires représentant les religions catholique et protestante s'étaient installés bien à l'intérieur de l'Amérique du Nord britannique. La Compagnie de la Baie d'Hudson, craignant l'interférence dans le commerce des fourrures, désapprouve le travail de ces premiers missionnaires, particulièrement ceux représentant l'Église catholique romaine. En s'abstenant de les aider, la Compagnie de la Baie d'Hduson peut ainsi ralentir, mais non pas arrêter les missionnaires d'établir des missions dans des endroits clés du nord-ouest(Consulter la carte). En 1840, Sir George Simpson, gouverneur de la Compagnie de la Baie d'Hudson, annonce qu'une entente a été conclue avec la Wesleyan Methodist Church pour l'établissement de missions à l'intérieur du pays. Même si les missions méthodistes furent de courte durée, on dit que cette entente a préparé le terrain à une future collaboration entre les missionnaires et la Compagnie de la Baie d'Hudson; dans les années 1850, l'opposition de la Compagnie au travail des missionnaires dans le nord-ouest s'était vraiment atténuée. En 1858, commence une période «d'intense rivalité et de grande expansion des activités des missionnaires dans le nord, jusque dans le delta du Mackenzie«. C'est au cours de cette année que l'archidiacre James hunter, avec la Church Missionary Society (Église d'Angleterre) est venu aux Territoires du Nord-Ouest, invité par la Compagnie de la Baie d'Hudson. Il avait une lettre d'introduction de Sir George Simpson qui assurait la coopération des officiels de la Compagnie dans la vallée du Mackenzie. Il avait comme tâche de trouver des endroits propices à l'établissement d'une mission et d'une école de l'Église d'Angleterre. L'archidiacre a voyagé avec la brigade des fourrures et quand ils sont arrivés à Fort Resolution, ils ont découvert que le père Pierre-Henri Grollier, un prêtre catholique romain membre des Oblats de Marie-Immaculée, était en train de construire la mission St-Joseph, sur l'île Moose Deer, tout près de Fort Resolution. Craignant sans doute que les protestants aient un avantage dans la course pour les âmes de la vallée du Mackenzie, le père Grollier se joignit à la brigade et se déplaça avec l'archidiacre Hunter jusqu'à Fort Simpson. À Fort Simpson, le révérend Hunter établit la mission St.David, qui devint les quartiers généraux du travail missionnaire de l'Église d'Angleterre dans le nord. L'énergique père Grollier établit également une mission à Fort Simpson et poursuivit sa route pour établir des missions à Fort Providence (1861), Fort Rae (1859), Fort Norman (1858-1860) et Fort Good Hope (1860). En 1859, le révérend William Kirkby reprit le travail du révérend Hunter à Fort Simpson. Il finit de construire la mission et construisit également une école de mission. Un deuxième missionnaire de l'Église d'Angleterre arriva dans le nord en 1862. Le révérend Robert McDonald établit une mission à Fort McPherson, sur la rivière Peel, au service des Gwich'in. En 1865, le révérend William Bompas arriva à Fort Simpson, et à partir de cette base, devint un prêcheur itinérant, visitant les camps autochtones et apportant la parole de l'évangile aux gens. En 1870, le révérend Bompas devint également le premier missionnaire de l'Église d'Angleterre à visiter les Inuvialuit, même si ce n'est pas avant 1896 que le révérend Stringer établit une mission permanente pour eux. La grande compétition entre les missionnaires catholiques et protestants semait la confusion chez les Dénés et les Inuvialuit. La situation prit plusieurs années à se stabiliser, quelques communautés ténoises devenant à prédominance catholique, et d'autres, protestante. |