1945 Didi Woolgar, épouse de guerre

En novembre 1946, le magazine Mayfair commence une série d'articles sur les épouses de guerre canadiennes et débute cette série avec un article sur Didi Woolgar, une femme fascinante venue s'établir à Yellowknife (carte).

Née dans une famille tchèque fortunée, en 1914, Didi étudie les arts à Lausanne, à Vienne et à Dresden. En août 1938, elle épouse un Canadien nommé William Stuart, qui travaille en Tchécoslovaquie pour le département de l'immigration du Canadian Pacific Limitée.

À la déclaration de la Deuxième Guerre mondiale, Didi et son époux s'enfuient de la Tchécoslovaquie. William Stewart joint alors le service consulaire et, malheureusement, est tué lors d'une mission spéciale pour la British Intelligence et pour laquelle il s'était porté volontaire.

Au moment de la mort de son époux, Didi travaille pour la Maison canadienne au Caire, en Égypte. Comme elle ne peut pas retourner en Tchécoslovaquie, elle n'a pas d'autre choix que de continuer à travailler en Égypte. C'est là qu'elle rencontre le capitaine de l'Aviation royale du Canada, Jake Woolgar, qui, avant la guerre, avait été un pilote et un prospecteur aux Territoires du Nord-Ouest.

Éventuellement, Jake demande Didi en mariage; non seulement elle accepte de l'épouser, mais également d'aller dans la nature sauvage canadienne et de vivre dans la toute petite ville minière qu'est Yellowknife (carte) à cette époque.

Le couple se marie le 10 août 1945, devant un juge de paix de Yellowknife, qui préside la cérémonie dans l'arrière-salle du magasin d'alcools de Yellowknife!

Le magazine Mayfair choisit Didi pour lancer sa série sur les épouses de guerre, car il semble impossible qu'une femme venue au monde dans un domaine, et ayant étudié dans les meilleures écoles européennes, puisse trouver le bonheur dans le Nord canadien, en 1946.

Le magazine commence son article ainsi : «Si vous avez un époux enclin à avoir des sautes d'humeur en rêvant à la simplicité de la vie de pionnier, ou aux richesses minérales que l'on trouve un peu partout en sol canadien, ne craignez rien. En effet, les femmes peuvent également être heureuses dans la nature sauvage!«

Didi Woolgar trouve le bonheur en se plongeant dans tout ce qui est nordique : prospection, vol d'avion, chasse, canotage, raquette et pêche. Mais c'est surtout son art qui la rend heureuse. Tous les étés, Didi passe jusqu'à six semaines dans la toundra, et pendant que son époux prospecte, elle fait des aquarelles de fleurs et de plantes septentrionales.

Au cours des années 1950, elle produit des centaines d'aquarelles ravissantes qui sont exposées à Ottawa et New York. Plusieurs oeuvres de Didi ont même été offertes au Duc d'Édimbourgh.

Didi Woolgar se remarie et déménage à Ottawa dans les années 1970. Elle meurt le 9 juin 2002. L'une des petites-filles de Didi demeure toujours à Yellowknife.